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inquième roman de cet auteur comtois,
la Lampe est une réussite. Au fil de quelques jours d’hiver
sous l’Occupation, une petite couturière tient sa lampe
allumée. La solitude lui intime l’ordre de braver inconsciemment
le couvre-feu. Qui dérange-t-elle ? Pas même un papillon,
son premier compagnon de hasard. L’action est ténue ;
l’introspection la remplace à ravir. « Comment
devient-on si seule ? Comment oublie-t-on qu’on peut être
aimée ? Mais ce n’est pas difficile du tout, ça
va très vite au contraire. » La fin de l’histoire
n’en est que plus rude, émouvante. Françoise Henry
conjugue la simplicité, la subtilité, l’exactitude
de tous les détails. Elle excelle dans la restitution des souvenirs
d’enfance, ainsi que sa consœur, Françoise Lefèvre
dans Alma ou la chute des feuilles [aux éd. du Rocher].
Françoise Henry apporte une attention si parfaite aux êtres
et aux éléments que son récit infuse encore dans
la mémoire, longtemps après qu’on l’a refermé.
Pierre
Perrin, in Pays comtois n° 48 – mai-juin
2003
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