Françoise Henry, La Lampe, éditions Gallimard, 120 pages, 12,50€

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C

inquième roman de cet auteur comtois, la Lampe est une réussite. Au fil de quelques jours d’hiver sous l’Occupation, une petite couturière tient sa lampe allumée. La solitude lui intime l’ordre de braver inconsciemment le couvre-feu. Qui dérange-t-elle ? Pas même un papillon, son premier compagnon de hasard. L’action est ténue ; l’introspection la remplace à ravir. « Comment devient-on si seule ? Comment oublie-t-on qu’on peut être aimée ? Mais ce n’est pas difficile du tout, ça va très vite au contraire. » La fin de l’histoire n’en est que plus rude, émouvante. Françoise Henry conjugue la simplicité, la subtilité, l’exactitude de tous les détails. Elle excelle dans la restitution des souvenirs d’enfance, ainsi que sa consœur, Françoise Lefèvre dans Alma ou la chute des feuilles [aux éd. du Rocher]. Françoise Henry apporte une attention si parfaite aux êtres et aux éléments que son récit infuse encore dans la mémoire, longtemps après qu’on l’a refermé.

Pierre Perrin, in Pays comtois n° 48 – mai-juin 2003

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