u format de poche, d’entrée de jeu comme pour un roman policier,
en plus concis encore, tel apparaît ce beau petit volume.
L’histoire est celle d’une rencontre amoureuse dont le plaisir
est subtilement différé. L’enjeu, c’est la présentation de
soi. Dans ce rapprochement de Rubens, une femme au-dessus
de tout soupçon, tout invite notre héros à reconsidérer
son parcours. Cela lui vient naturellement, car son métier
l’a conduit à être « un chasseur d’ombres mortes ». C’est
dans ce va et vient, du passé envahissant à la quête de l’amour,
que se construit le roman. Les beignes restent, plutôt que
les beignets. Le cœur écume, d’avoir été gros. Plus la douleur
est singulière, plus la voix qui la porte, à condition qu’elle
révèle un style, peut devenir universelle. C’est le cas chez
Embareck. Sa voix intérieure est délivrée par une langue en
état de perpétuelle invention. C’est vif, intelligent et cela
pose une vision du monde sans doute pessimiste, mais d’une
justesse imparable. Un régal.
Pierre
Perrin, Pays comtois n° 56, septembre-octobre
2004
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