Michel Embareck, Rubens, roman, éd. l’Écailler du Sud, 2004

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A

u format de poche, d’entrée de jeu comme pour un roman policier, en plus concis encore, tel apparaît ce beau petit volume. L’histoire est celle d’une rencontre amoureuse dont le plaisir est subtilement différé. L’enjeu, c’est la présentation de soi. Dans ce rapprochement de Rubens, une femme au-dessus de tout soupçon, tout invite notre héros à reconsidérer son parcours. Cela lui vient naturellement, car son métier l’a conduit à être « un chasseur d’ombres mortes ». C’est dans ce va et vient, du passé envahissant à la quête de l’amour, que se construit le roman. Les beignes restent, plutôt que les beignets. Le cœur écume, d’avoir été gros. Plus la douleur est singulière, plus la voix qui la porte, à condition qu’elle révèle un style, peut devenir universelle. C’est le cas chez Embareck. Sa voix intérieure est délivrée par une langue en état de perpétuelle invention. C’est vif, intelligent et cela pose une vision du monde sans doute pessimiste, mais d’une justesse imparable. Un régal.

Pierre Perrin, Pays comtois n° 56, septembre-octobre 2004

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