|
a création littéraire appartient
au champ de la culture. Si ce champ-là, jusqu’au
vingtième siècle, était clairement délimité,
il ne semble plus à ce jour communément partagé.
Les humanités n’humanisent plus, si elles l’ont
jamais fait ; ce sont les mathématiques qui orientent
tout (au-delà de l’école) ; celles-ci
ordonnent la vie moderne. En matière de fortune, par
exemple, l’extrême richesse a supplanté
le hasard. Faire contre mauvaise fortune bon cœur
apparaît de moins en moins compris, n’est plus
perçu dans son sens originel. Par ailleurs, le développement
des sciences de toute nature et des technologies afférentes
– la thermodynamique au vingtième siècle,
de l’avion au nucléaire – a profondément
modifié notre rapport au monde. C’est pourquoi
il est primordial d’examiner ce que recouvre cette notion
de culture. Si nous n’en passions par cet examen, la
mise en lumière de la création littéraire
paraîtrait, sinon artificielle, du moins d’un
autre âge. Écrire, quoi qu’on dise, c’est
encore risquer un pied dans l’éternité
[
]
|